Sébastien Danielo

(V)Empires - Le Sang est Compté

  Interview

 

 

1) Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire puis d’être édité ?

  C’est moins l’envie d’écrire que de créer qui me motive. J’adore inventer des univers, des objets, des créatures, etc. Il s’avère qu’après avoir essayé le dessin, la 3D, le maquettisme ou encore la vidéo, l’écriture est le média avec lequel je me débrouille le mieux.

  J’aime bien, dans ma démarche créative, avoir un cadre dans lequel m’exprimer, ça me motive. J’ai découvert les appels à texte, qui m’imposaient un thème et un deadline, et c’est à partir de ce moment-là que j’ai commencé à finir mes histoires. Et une fois qu’elles sont écrites, j’en profite pour les envoyer. Et j’ai été assez surpris que ça marche !

  Je suis tombé par hasard sur les éditions Onyx et j’ai vu que les appels à manuscrits étaient ouverts, j’en ai profité pour proposer Le Sang est Compté. Le feeling est tout de suite bien passé, j’ai rapidement été mis en confiance et un suivi très proche m’a beaucoup aidé dans cette première expérience d’édition d’un roman complet.

 

2) Les vampires ont la cote depuis une bonne décennie (et même plus). Qu’ils soient traités de manière classique ou remaniés selon les affinités de l’auteur·e, il y en a toutes les sauces. Vous, quelle a été votre approche pour traiter avec ces créatures mystiques et populaires ?

 

  C’est drôle parce qu’en réalité, je commençais à en avoir marre des vampires. Je trouvais qu’on en avait fait le tour, qu’il était un peu éculé, et toutes les réécritures de cette mythologie commençaient à me saouler, surtout quand on se mettait à me parler de Twilight (qui à mon sens n’a que le vernis du mythe, mais je peux me tromper vu je n’en ai vu/lu aucun). Et puis un jour, croisement des destins, une discussion sur le Jeu de Rôle Vampires – la masquerade s’est télescopé avec un appel à texte « Voleurs de temps » et l’extension de Witcher III, Blood and Wine. J’ai révisé mon jugement, trouvé que le vampire pouvait encore être inspirant aussi j’ai décidé de me lancer à l’assaut de la légende, de réinterpréter à ma sauce ce qui fait, selon moi, toute la saveur de ce mythe : le monstre à visage humain et le rapport au temps.

 

3) Pourquoi avoir choisi Paris, en 1885, pour raconter les périples d’un vampire et d’un jeune enquêteur ?

 

 Paris est une ville que je connais bien pour y avoir passé de nombreuses vacances avec ma grand-mère, qui m’a fait visiter beaucoup de lieux emblématiques de cette ville qui est un musée extrêmement riche. M’inspirer de lieux familiers m’a permis d’apporter davantage de crédibilité à mon univers, un point auquel j’attache beaucoup d’importance. De plus, l’une des idées fondatrices de (V)Empires est cette tour Eiffel d’argent, inspirée de celle du Paris des Merveilles.

  Les années 1880 me semblaient intéressantes d’un point de vue narratif, à la fois proches et suffisamment éloignées des remous de la Révélation (Révolution) Française. D’un point de vue historique, la fin du XIXème siècle est une période de grandes découvertes, de recherche technologique. C’est aussi les débuts de la mécanisation, l’invention de la voiture moderne par exemple, mais aussi d’une foultitude de bizarreries à vapeur, électriques, d’expérimentation… une période très steampunk, en somme. Quant à 1885 en particulier… C’est simplement la date d’édition du « Nouveau plan de Paris » (1885, Nouveau plan de Paris. Lannée, 1885. Catalogue Gallica, BNF) qui m’a servi de référence spatiale tout au long de mon écriture. 

 

4) Le steampunk, ça vous évoque quoi ?

 

  Le steampunk, c’est l’âge de l’invention tous azimuts. Je confesse être très matérialiste et, avec mon bagage technique (Baccalauréat Sciences de l’Ingénieur et BTS Design de Produit), c’est une période rêvée (avec la SF) pour inventer, créer et recréer vaisseaux, véhicules, objets divers et variés. Cependant, il me faut tout de même des contraintes qui me forcent à trouver des solutions originales qui, bien que concrètement irréalistes, donnent néanmoins une impression de plausible. Le steampunk, c’est du pain béni pour moi, un courant qui permet de créer et réinventer en permanence, jusqu’aux évènements historiques.

 

5) L’univers de (V)Empires est enrichi de références historiques, parlez-nous un peu de votre attrait pour l’Histoire.

 

  De nature très curieuse, l’Histoire, comme beaucoup d’autres sciences, m’a toujours fasciné. Les évolutions techniques et technologiques, sociales, les grands évènements comme la vie toute simple sont une grande source d’inspiration. Les différentes cultures, modes de pensées sont autant d’énigmes auxquelles j’aime me confronter et surtout comprendre. La vie m’a fait rencontrer des historiens et reconstituteurs, qui sont des amis très chers et avec qui nous partageons la passion de l’Histoire mais aussi de l’imaginaire. C’est après de longues conversations sur ce qui a été, ce qui aurait pu être, ce qui sera peut-être, que naissent des univers comme celui de (V)Empires.

 

6) Quel est votre processus de création ? (Méthodes, plans ou feeling, cadre idéal)

  J’ai pas vraiment de méthode. Si je devais lui donner un nom, je crois que j’appellerai ça le raz-de-marée. Je pars d’une idée que j’aime bien, puis j’écris comme ça vient, sans plan, avec une vague idée d’où je veux aller (et encore, pas toujours). C’est après, une fois que j’ai ravagé toutes les idées qui me traînaient dans le cerveau, que je me relis et remets tout en forme et que je reconstruis quelque chose d’à peu près cohérent.

  Sinon, au niveau du cadre, généralement je m’isole avec de la musique assez forte, du métal plutôt bourrin pour ne pas être distrait.

 

7) Et maintenant, quels sont vos projets ?

   Écrire la suite de (V)Empires ! J’ai plein de projets dans les cartons, plus ou moins avancés. Cratàn, un univers complet de dark fantasy, et République pirate, un pur space opera futuriste, sont les plus mûrs d’entre eux.