Amandine Grosso

Mange-Rêve

  Interview

1) Une citation/extrait court pour nous donner envie de lire Mange-Rêve ?

 

  "— Serait-ce possible d’arracher à l’Homme sa noirceur ? De créer un être sans aucune disposition au vice, au crime ou à la cruauté ?

  — Possible ; sans doute. Bienvenu ; je ne pense pas. Comme je te l’ai dit, l’ombre et la lumière se disputent notre être. Cette dualité fonde la nature humaine. Je n’ose imaginer les conséquences si nous parvenions à briser cet équilibre. Pourrais-tu concevoir une journée si la nuit ne lui succède pas ? Parviendrais-tu à mesurer toute l’intensité du blanc si le noir n’existe plus ? L’homme n’est pas destiné à la perfection."

 

2) Si vous deviez choisir un univers de fiction déjà existant dans lequel faire vivre votre roman, lequel serait-ce ?

  J’aime beaucoup l’esthétique de la série Carnival Raw : à la fois merveilleuse et glauque. Je crois que ce serait l’écrin parfait pour le Mange-Rêve.

 

3) Si vous deviez définir Mange-Rêve en une émotion, une couleur et une saison :

  L’émotion : la persévérance, celle qui pousse aux extrêmes. La couleur parfaite oscille entre le bleu et le violet. La saison serait un hiver plein de neige et de glace.

 

4) Lequel de vos personnages secondaires aurait pu prendre la place du héros ou de l’antagoniste de votre histoire ?

  Personne ne peut prendre la place de mon antagoniste, il est trop cher à mon cœur et trop spécial ! Mais je pense que Turquoise Verrepois, la mère disparue de l’héroïne, aurait pu aisément monter sur le devant de la scène : elle est aussi courageuse, résolue et déraisonnable que sa fille.

 

5) Quel est le premier personnage que vous avez créé et, à l’inverse, quel a été le dernier à avoir vu le jour ?

  Le premier personnage couché sur le papier a été mon antagoniste, Constantin. Le reste de l’histoire n’a été articulé que bien plus tard avec son carnet. Je crois qu’Opaline, pourtant protagoniste principale, a été la dernière à s’affirmer dans mon esprit.

 

6) Parlez-nous de votre inspiration pour les noms de vos personnages.

  Je le confesse, j’en avais assez des noms imprononçables en fantasy classique. Je me suis tournée vers quelque chose de plus simple : Chassemai, Fauvevent ou Verrepois ne sont que l’assemblage de deux mots français dont j’aimais la sonorité. Certains noms donnent aussi des indices sur la personnalité de leur porteur. Rudoie ou Malacieux ne sont guère les plus subtils !

 

7) Contez-nous la naissance de Mange-Rêve et son évolution jusqu’à ce jour :

  La Genèse du Mange-Rêve a été plutôt laborieuse. J’ai commencé la rédaction en 2012 pour ne l’achever qu’en 2018 – pour un tout petit bébé de moins de 200 pages ! Cette histoire en a connu, des pauses à durée indéterminée… En 2018, j’ai soumis à plusieurs maisons d’édition, mais sans succès. J’ai réécrit toute la seconde partie, qui tendait un peu trop vers une happy end édulcorée. En 2020, lasse de voir mon manuscrit obtenir des réponses en demi-teinte des ME, je lui accorde l’expérience de la dernière chance : le concours des Murmures Littéraires. À cette époque, je suis franchement prête à abandonner ce roman faute de lui offrir une nouvelle réécriture. Sauf que voilà : Mange-Rêve fait partie des lauréats et séduit Onyx ! Je retravaille enfin le roman à fond. Cette nouvelle version n’a plus grand-chose à voir avec celle de 2018, et c’est tant mieux. Je suis on ne peut plus fière du résultat final.

 

8) Donnez-nous une bonne raison de ne surtout pas lire votre roman :

  Fuyez si les plumes travaillées vous rebutent ! Si vous aimez les phrases concises, hachées, voire lapidaires, vous ne trouverez pas votre compte. Je suis une psychopathe du style. À mes yeux, la forme importe plus encore que le fond (oui, je serais prête à lire une liste de courses si la prose est divine).

 

9) Une suite ou un autre projet sur le feu ?

  Pas de suite pour le Mange-Rêve, mais j’ai toujours la tête pleine de nouvelles histoires ! Je m’attelle actuellement à une science-fiction futuriste qui est tout à fait hors de mes habitudes d’écriture. Sinon, je couve l’idée d’une histoire de vaudou et de paranormal, mais elle nécessite encore d’être pensée avant que je ne la commence.  

 

10) C’est le moment de flatter (ou non) Onyx : que retenez-vous de cette expérience éditoriale ?

  Ça a été magique de bout en bout. Tout : le brainstorming avant la réécriture, le travail sur la couverture, le travail éditorial, le suivi de la campagne Ulule, tout a été passionnant, palpitant, émouvant. Onyx est vraiment une chouette ME, très investie et aux valeurs très humaines. J’ai vraiment hâte de la voir grandir !

 

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